Le silence est d'Or

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Le silence est d'Or

Message  Adelphe Remiremont le Ven 7 Déc - 4:17

Tacitus_dc a écrit:[Château de Counozouls - 15 Octobre 1460 - Bureau Rouge]

Tacitus était installé à son bureau et révisait encore une fois les chiffres. La Chapelle avait coûté un montant certain et il était à sa charge, maintenant, de veiller à renflouer les fonds Seigneurial. Ce n'était pas une tâche des plus évidentes, considérant que l'agriculture en montagne est difficile et que la forêt à quand même ses limites. Le secret réside dans l'exportation de produits transformés.

Ainsi ce sont des charrettes remplis de pot de Miel aux arômes variés, de seaux de bonne factures et de peaux diverses qui sont envoyé chaque semaine dans les marchés des villages voisins. Au retour, les charrettes sont emplis de céréale, de fer et de tout ce que les villageois peuvent avoir besoin et qu'ils ne produisent pas!

Il faut aussi pensé à l'hiver! Les congères empêcherons le transport de grande quantité de nourriture. Sans compter qu'il faudra les entretenir, les routes, pour s'assurer que les produits d'hiver puisse voyager! Faut penser à faire descendre les solives et autre pièce de charpente qui serviront a reconstruire les maisons qui seront détruite au printemps par la débâcle. Tout ça demande de la préparation!

C'est donc devant ses livres de comptes, un pot de vin aux épices posé tout prêt de lui, qu'il passe ses après-midi!

Finalement satisfait de ses calculs, il se permis de se reposer un peu. Il se dirigea donc vers le fauteuil devant l'âtre et ferma les yeux un instant. Pas qu'il soit particulièrement épuisé, mais il n'a plus 15 ans... Il y a longtemps, d'ailleurs, qu'il n'a plus 15 ans! Il se permet alors de penser à son patron...

Il avait eu une mission spécial... et voilà qu'il l'avait enfouis, respectant la clause d’inaccessibilité, dans l'une des grottes. Il avait mémorisé le chemin, mais ne l'avait pas noté. Surtout, ne pas noter, ne rien noter!

Il s'assoupis finalement, se disant que sa vie de maintenant est beaucoup plus douce qu'elle ne l'a jamais été, appréciant l'odeur du vin sur la table de travail, odeur qui le conduisit dans un sommeil léger et guilleret!

--Adelphe_Remiremont a écrit:


Son père avait quitté le domaine depuis près d'une semaine déjà avec SA famille en le laissant à la garde du vieux Cerbère muet ou peu s'en faut.
De son placement en quelque maison noble, aucune nouvelle alors afin de le faire patienter assurément, le patriarche l'avait nommé adjoint de l'intendance de Counozouls. Rien que le nom lui écorchait la bouche. Lui le jeune homme du Nord, avait énormément de mal à s'approprier les noms du Sud. Encore une chance que son gardien parlait autre chose que ce charabia enfin fallait il encore qu'il parle.

De cette fonction il avait tout espéré, et avait fini par renâcler quand il avait compris que de la fonction il n'aurait qu'un vague nom. Le gardien occupait le bureau privé de son père et lui se chargeait des corvées. La belle affaire que voilà pour un vieil homme, faire trimer le fils du patron, non pardon, le bâtard du patron, il y a une nuance.

Il passait donc du village en contre bas, au château, puis de la chapelle aux bois environnants le tout avec une liste longue comme un bras de choses à accomplir. Pour aujourd'hui c'était fini, il devait juste prévenir l' intendant en chef qu'il avait terminé.

Il regagna le château, y entra, se dirigea vers le bureau et entra sans se faire annoncer, il y avait des limites à tout. La première chose qu'il vit c'est que l'homme dormait...Il s'approche un sourire mauvais sur les lèvres et parle haut.


MAITRE ! J'AI FINI DE BOUCHONNER LES CHEVAUX !

Et si ça le faisait tomber du fauteuil ? Il s'en délecte déjà.

Tacitus_dc a écrit:S'il n'avait pas entendu le jeune homme entrer, du moins il l'avait senti! Son nez s'était retroussé dès qu'il était entré. Mais ça, le jeune homme n'a pas dû le remarquer... sinon, il n'aurait probablement pas oser faire ce qu'il viens de faire! Il est peut-être vrai qu'il ne parle pas souvent, mais quand il parle, c'est invariablement cours ou approprié. Dans l'immédiat, il n'avait rien de plus à répondre à ce qu'il venait d'entendre!

Il est vrai qu'il devrait réagir... Les pensé défile à une vitesse incroyable, si bien que s'il avait eu à décrire son action, il n'aurait pas encore terminé le premier mot qu'il aurait tout pensé, réfléchis, pesé, sous-pesé, agis, réfléchis à l'impacte de son geste, pensé que ça lui à donné un petit pincement d'excitation, qu'il a mal aux jointures, le meilleurs moyen de ne rien dire d'autre ainsi que les mots à dire...

Il agis donc!

D'un mouvement brusque, mais précis, il agrippe le collet du jeune homme. Le visage fermé, les yeux clos. Aucune expression d'aucune sorte. Il attire le jeune homme jusqu'à ce que le visage de celui-ci soit parfaitement enligné au sien. Le tout ce produit en une fraction de seconde, ou peut-être deux fractions... mais pas beaucoup plus! C'est alors seulement que le visage de l'Intendant s'ouvre! Brusquement, sans avertir, sans prendre d'inspiration, s'illuminant, souriant, les yeux grand ouvert. Un seul mot sort alors qu'il relâche en même temps le jeune homme!


Merci!

--Adelphe_Remiremont a écrit:

Il n'a rien vu venir qu'il se retrouve le visage collé à celui de son gardien. Une suée glaciale glisse dans son dos et il a la bouche sèche quand l'autre lui dit : merci

Ce n'est pas la peur qui le tient mais la colère qui s'infiltre dans ses veines, le père et son ombre ! Ils sont aussi malades l'un que l'autre. Il pose sa main sur celle de l'homme et le fait lâcher son col ensuite il se recule l’œil mauvais.


Vous vous êtes bien fichu de moi, ça va rendre votre soirée plus joyeuse ?

Il va vers la cheminée lui tournant le dos volontairement. Si l'arrogance tue parfois, lui il s'en moque il n'a rien à espérer ou regretter dans sa vie. Regard perdu dans les flammes, il choisit de faire la conversation.


Vous connaissez mon père depuis longtemps je crois ? Alors vous avez du connaître ma mère non ? En attendant la nouvelle liste de mes corvées, vous auriez la gentillesse de me parler d'elle ?


Il ne croit pas qu'il aura de réponse, l'autre va l'ignorer c'est une évidence mais il veut essayer quand même. Personne ne lui a encore donné de réponse sur sa mère comme si elle était indésirable. Mais bien sûr elle doit l'être, s'il a appris bien des choses depuis son arrivée il faut croire que celle là elle a du mal à entrer dans sa tête !
Il s'accroupit en tendant ses mains vers le feu, il a les doigts gourds d'être restés trop dans l'eau, encore une chose d'apprise et il attend donc qu'on lui dise quelque chose, n'importe quoi mais qu'on parle !

Tacitus_dc a écrit:Il se lève, souriant et se dirige vers la bibliothèque. Il ignore complètement Adelphe, ou du moins, c'est ce qu'il peut laisser croire, mais en fait c'est une toute autre chose! Il a eu le temps de tout analyser! L'odeur de sueur mêlé à l'odeur du labeur. La colère sous-jacente, le mépris, la haine, l'incertitude même! Il ne regarde pas se diriger vers l'âtre, lui est déjà rendu au point de la Bibliothèque qu'il cherche quand Adelphe lui demande de lui parler de sa mère. Un sourire s'affiche sur le visage de Tacitus alors qu'il tend la main vers un petit pot.

Il se retourne vers Adelphe et avance vers lui. Lui parler de sa mère? Lui dire qu'elle était une femme merveilleuse, généreuse, agréable, apprécié de tous, mais que la maladie l'avait atteinte et qu'elle s'était retrouvé incapable même de bouger? Lui dire que Skip était parti pour aller aider ailleurs, qu'il avait pris le gamin avec lui et l'avait fait porté dans un monastère? Lui dire tout ça?

Le jeune homme est bien assez intelligent pour savoir que tout ça ne refléterait que son interprétation à lui. Ça ne lui donnerait pas les réponses qu'il recherche! Il n'aurait pas ce pourquoi il pose la question. Il s'avance toujours, en fait il n'a peut-être que deux pas a faire, mais durant tout ce temps, il n'en a pas pensé moins, surement plus, mais ce n'est pas toujours intéressant!

Qui veux savoir ce qu'il pense des vêtements du jeune homme (Sale les vêtement!) ou encore ce qu'il aimerait manger (Tient! Pourquoi pas un petit civet de canard?)? Personne n'a d'intérêt pour ça!

Il porta la main vers le fils de son patron et lui tendit le pot!


Mets-en un peu... Tu pu la charogne!

Il retourna s’asseoir dans le fauteuil et lui sourit!

--Adelphe_Remiremont a écrit:

Il explose en ouvrant le pot que l'autre lui a mis dans les mains ! Il se lève et le lance de toute sa hargne aux pieds de son gardien. Puis sourit ! Une explosion de colère a le mérite de calmer très rapidement.


Je ne porterai pas votre onguent pour femme et si j'empeste c'est parce que vous me donnez tout le travail à faire.

Il s'époussette et c'est vrai que l'odeur est pestilentielle, ça le fait sourire un peu plus il aura au moins trouvé le moyen de gêner l'autre aujourd'hui. Une belle victoire !

Vous ne me direz rien, je m'en doutais.

Haussement d'épaules, si c'était important à son arrivée, maintenant il s'en fiche. Il y a beaucoup mieux et plus amusant à faire.


J'ai une question pour vous enfin presque.

Sourire narquois et :

A attirer les jeunes hommes à vous et à vouloir les poudrer...Seriez vous un perverti ?

Tacitus_dc a écrit:Il n'a pas bronché, pas reculé, pas même eu un mouvement de sourcils, sauf un cils qui est maintenant en chute libre après un léger battement de paupière. Cils qui, avouons le, fait preuve de beaucoup d'imagination pour multiplier les vrilles et les loopings. Calme arabesque dans un monde maintenant chargé de parfum suite à l'explosion de colère du prompt garçon.

Tu est trop pressé...

Le cils arrive enfin sur sa cuisse et d'un mouvement de la main, Tacitus le chasse doucement! Le pauvre cils, mais ce n'est pas la peine de s'émouvoir, il n'est pas le premier et ne sera pas le dernier à tomber ainsi. De plus, ce n'est pas le propos. Il regarde le sourire d'Adelphe et sourit aussi. Pourquoi tout le monde dit ce genre de chose? Parce qu'il ne voit pas l'intérêt de s'amouracher d'une femme, il est obligatoirement du genre à préféré les hommes? Mais au final, qu'est-ce que cela peut bien faire de savoir si ce que le jeune homme dit est vrai ou non? N'est-il pas mieux de se concentrer sur les questions? Bien sur que oui! Ignorons la dernière question et attaquons la première.

Assit toi!

Il regarde le dégât

Et j'ai déjà trouvé ta prochaine tâche!

Il lui sourit! Il faudra lui faire laver le bureau en grand! L'époussetage, laver le tapis, frotter la pierre en dessous pour enlever l'odeur. Ce ne sera pas facile, ce sera ingrat et totalement inapproprié pour un fils de noble, mais ce fils doit apprendre à se contrôler et Tacitus a bien l'intention de lui inculquer ça! La patience, le silence et le calme!

Adelphe_Remiremont a écrit:

Il éclate de rire ! Il a réussi à le faire parler ou presque. Il va s'asseoir puisque l'autre lui demande et pour une fois prend ses aises. Assis de biais sur le fauteuil, les jambes passées par dessus l'accoudoir, il sourit et le détaille de pied en cap.
Quel âge peut-il avoir cet homme ? Pas autant que son père c'est certain mais il n'est pas aussi jeune que l'autre homme qui sert la famille. Tiens, c'est vrai il n'y a presque que des hommes à servir ici. Si on met à part la vieille femme qui passe son temps collée aux légitimes et quelques servantes, que des hommes. Il réfléchit, son sourire devient plus grand, il est pris d'une envie de rire il vient de penser à un livre qu'il a tenu dans les mains il y a quelques jours. Il y était question d'hommes puissants ayant tout un tas de femmes à disposition juste pour leur plaisir. Et si là, la situation était inversée ? Quoi de plus adéquat pour une jeune et jolie femme avec comme mari un vieillard impuissant -oui, non, peut-être ?- que d'avoir une réserve d'hommes sous la main ?

Il creusera la question une autre fois maintenant il veut s'amuser un peu avec le Cerbère.


Vous savez que vous êtes bien plus drôle que mon père ? Avec lui j'aurais déjà la trace de sa main sur le visage.

Il sourit toujours.


Vous m'avez dit que j'étais pressé, je dois tenir de lui, il n'a aucune patience.


Il regarde le bureau, les livres, les richesses posées partout comme de simples décorations.


Non, je vous aime bien, vous. Vous êtes amusant et en plus vous avez de la conversation.

Arrogant et ironique jusqu'au bout, il a fini son inventaire, il le regarde une fois encore.


Alors pourquoi vous vouliez que je m'assois ?

Tacitus_dc a écrit:Tacitus le regarde et sourit. En effet, il retient énormément de son père! Même arrogance, même sens de l'humour, même intelligence subtil, narquoise et hautaine! Même tempérament aussi! Sulfureux, impétueux, changeant comme les marées. Parfois haute et dévastatrice, parfois basse et effacé. Il pourrait être aussi comparé, outre les marées, à un volcan! Endormis pendant un temps, puis déversant tout son être avec force et puissance, grondant toujours, même au repos, avertissant que le danger est là, sous la couche mince du bouclier noir et lisse.

Ou encore, pourquoi ne pas le comparer à une louve! Ça aussi c'est calme, protecteur, doux et aimant, puis sauvage, agressif et cruel. Il le sens comme la louve défendant ses petits, sauf que lui, c'est ses idées et son Être qu'il protège! Parce qu'à le voir, ce n'est que ça! Une bête sauvage qui à peur, qui tremble de partout, et qui montre les crocs pour se donner une contenance, pour faire plus peur que lui-même n'a peur!

C'est un bon moyen de défense, mais qui à ses limites, surtout quand l'adversaire (imaginaire?) n'a ni une attitude agressive, ni une attitude complaisante. Pourquoi aurait-il se genre d'attitude avec le gamin? Car c'est ce qu'il est, un gamin, brimé, brisé, perdu! Il n'éprouve pas de pitié, il ne sais pas ce que c'est de toute façon, c'est absent de sa palette d'émotion, mais peut-être un peu de tristesse.

Oui! Il est triste pour lui! Pas parce que sa mère est morte, pas parce que son père n'arrive pas a lui dire deux mot sans le gifler. Il est triste du gaspillage et de ce que le jeune homme dégage!


Tu a peur de quoi?

Tout ce moment de réflexion pour cette simple question! C'est une question qui se pose. Tout le monde a peur de quelque chose. Pour aider quelqu'un, il faut savoir de quoi il a peur, c'est le meilleurs point de départ avant d'entreprendre tout le reste. Et a dégager ce qu'il dégage, ce gamin est transit de terreur, une terreur probablement inexprimable, ou qu'il ne comprend pas, mais elle est bien présente. Elle est là! Elle rôde comme la Mort rôde sur les champs de bataille! On peut la sentir, la frôler, la caresser, mais si on n'arrive pas à la repousser, elle nous emporte dans un monde sombre et sans issue.... À moins d'être sauvé par un Ange! La Peur et la Mort! Ce sont deux grandes amies qui ne s'éloigne que très rarement l'une de l'autre!

Alors oui! De quoi a-t-il peur? C'est une excellente question!

--Adelphe_Remiremont a écrit:

Il rit encore une fois, mais il ne s’amuse plus, c’est un rire blasé que peut entendre son interlocuteur. Il se lève d’un bond, fait le tour de la pièce regardant tout et rien en même temps pour finir par prendre le pot de vin épicé abandonné sur la table.

Il boit une gorgée, puis deux et retourne s’asseoir. Même pose ou presque, il laisse une de ses jambes au sol, l’autre a retrouvé son accoudoir. Il renverse la tête en arrière et réfléchit. Est-ce qu’il a peur ? Aucune idée, il a oublié ce que c’était il y a longtemps. Il relève la tête.


C’est un petit jeu ? Je réponds à vos questions et vous répondez aux miennes ?

Sourire à nouveau et nouvelle rasade.

J’en sais rien.

Regard vers le pot qui se vide, nouvelle gorgée.

Est-ce que j’ai peur pour ma vie ? Non, la mort serait presque un cadeau à me faire.
Est-ce que j’ai peur des autres ? Non plus, ils m’indifférent.
Est-ce que j’ai peur de me battre ? Non, ça m’apporterait peut être la solution à mon désœuvrement.


Nouvel arrêt, il boit encore.

Et si c’était plutôt de la vie que j’avais peur ? Elle ne m’offre que désillusion. Je croyais que retrouver mon père serait un nouveau départ mais à part savoir à quoi il ressemble je n’ai rien appris de plus, enfin presque.


Il sourit en pensant qu’au lieu d’un père il en a trouvé deux et complètement fous par-dessus le marché. Il retourne vers le vin, mais le pot est vide. Il le pose au sol et regarde l’autre qui l’interroge.

Je me demande si ça aurait été différent si mon père avait été avec moi comme il l’est avec les légitimes.


Ses yeux deviennent noirs mais il ne les baisse pas.

Pourquoi il n’est pas comme ça avec moi ? Pourquoi il me hait ?

Tacitus_dc a écrit:Peur de rien ni personne. La Peur n'a pas d'emprise sur le jeune homme, du moins le laisse-t-il croire. À l'entendre, il se doute bien que ce n'est pas vrai. Il a peur de ce qu'il y a de plus important, l'Amour. Il a peur d'être aimé et d'aimer! Tacitus l'écoute tout au long de son court discourt et sourit. Le pauvre garçon. Il aurait presque envie de le prendre dans ses bras et de lui dire qu'il est aimé, désiré et souhaité. Que son père l'aime, mais ne sais pas comment lui dire. Que Ariana pourrait l'apprécié s'il se laissait approcher. Pour sa part, il éprouve de l'affection pour le garçon.

Il est tellement semblable à son patron!

L'écoutant toujours, il ne s'arrête pas de sourire. Pas de ce genre de sourire niais ou distant, mais plutôt du genre compréhensif et amical. De celui qu'un ami aurait envers un ami en l'écoutant. Du genre chaleureux. Et plusieurs autres qualificatif dans cet ordre d'idée.

Mais une autre pensé passe devant... Le vin! À le voir aller, il ne peut que se soulager et se rassurer en sachant où il a laissé sa réserve. Il lui avait fallu en cacher quand Skip était revenu du monastère! Il ne restait, dans tous les lieux de vie du couple, que de l'alcool soit dénaturé, soit réservé à la confection des remèdes. Alcool, donc, calculé presque à la goûte près. Une seule manquante et ce sont les fondations même du Château qui serait ébranlé par la colère de l'Apothicaire! Il en avait donc mis de côté. De quoi satisfaire ses envies, bien légère avouons le, mais en quantité suffisante pour égayer une tablée de plusieurs bon buveur durant une soirée bien arrosée. Heureusement, car sinon il aurait donné une bonne gifle au gamin qui s’enivre!

Revenant aux paroles prononcé, il ne sourit plus! Ce jeune homme crois vraiment que sont père ne veux pas de lui? Cela demande une rectification. Et puis, comment il aurait réagis si Skip l'avait traité comme les autres à son arrivé? Il aurait aimé que Skip le prenne dans ses bras et lui chatouille le menton? Peut-être aurait-il voulu qu'il s'assoie sur le sol avec lui et se salisse les mains avec les fusains? Peut-être...


Tu lui en veux parce qu'il te traite comme un homme plutôt que comme un enfant?

C'est la question qu'il a choisi de posé. Elle est longue un peu... Mais on n'y peu rien. Parfois il faut dire un peu plus. N'empêche qu'il n'a pas répondu à une seule question encore. Écouter avant de répondre. Il pourra tout lui expliquer, mais après avoir réussi a le comprendre un peu mieux. Et il sent que ce ne sera quand même pas chose facile, mais il a bon espoir.

Adelphe_Remiremont a écrit:


Rire nerveux qui ne s’arrête pas, yeux humides de la stupidité de la question posée, ça prend du temps pour qu’il se calme sans compter que le pot de vin qu’il a vidé lui a donné sacrément chaud et l’a rendu presque - ?- gai.


Stupide votre question.


Et le rire reprend parce que son cerveau vient de lui montrer son père assis à côté de lui à gribouiller avec un fusain après l’avoir cajolé comme sa sœur.
Le rire stoppe, il a pensé « sa sœur », ce n’était jamais arrivé, il s’interdit de les appeler comme ça. Depuis qu’il est là, il refuse de les approcher, de s’y intéresser, de les reconnaitre comme un morceau de lui. Illogique tout ça ? Pas vraiment, les vapeurs de l’alcool font tomber les barrières, il aurait du boire plus tôt, maintenant il a compris quelque chose d’essentiel. L’autre a raison, il a peur. Peur de se lier à ceux qui ont son sang, d’espérer qu’ils l’acceptent –il ne croit pas qu’ils l’aimeront un jour-, d’être rejeté au bout de ce long chemin.

Il a toujours été seul même entouré par les autres novices. Il était trop précoce, trop curieux, il comprenait et retenait tout ce qu’il lisait, a appris à lire, écrire et compter bien plus vite que ses camarades, lisait le latin et le grec à 8 ans, dévorait des traités philosophiques dans ces deux langues à 9, mais il était toujours seul. Tous sauf le bon Abbé Robert le laissaient de côté. Eux aussi avaient peur.

La griserie lui a donné la clairvoyance, il y voit comme en plein jour ! Ce qu’il voit et constate c’est qu’il n’est qu’un monstre, une bête curieuse, un être anormal que les autres moines auraient pu dénoncer à l’inquisition si le prieur ne l’avait pas protégé. Et s’il était comme lui ?

Regard vaseux vers l’autre.


Avant d’être un homme on est le fils de quelqu’un non ? Moi je suis le fils de personne.


Ricanement d’un homme que le vin abruti doucement.


Tu crois que je suis comme lui, complètement fou ?

Sa main retourne vers le pot posé par terre, et le porte à ses lèvres, puis sourire, il a oublié qu’il est vide.

Tacitus_dc a écrit:Il considère son père comme un fou. Voilà qui n'est pas très surprenant pour Tacitus! Rare sont ceux qui connaissent la véritable nature de Skip. Et probablement que si les gens savaient plusieurs le pourchasseraient pour l'éliminer. Il entend presque les gens crier "Au bûcher le sorcier!" ou encore "Assassin! Pendons-le!" Certainement que Skip le mériterait. Tacitus ce souvient de ceux qu'il a enterré, caché, dissimulé, déguisé. De ceux qu'il a donné à manger aux cochons. Il se doute bien qu'avant son arrivé, Skip en a tué encore plus, mais comme ils n'en ont jamais parlé, il ne saurait dire combien ni comment.

La question lui trotte dans la tête et il prend du temps avant de répondre.

Sera-t-il comme son père? Une parti de lui l'espère, une autre le refuse catégoriquement. La folie en soit, telle qu'il la voit en Skip, n'a rien de mauvaise. Bien contrôlé, bien dirigé, enligné, guidé, elle peut s'avérer d'une utilité et d'une puissance phénoménal! Considérons les remèdes que sa folie a développés ou toutes les connaissances qu'elle a contribué a encaisser et enfermer dans ce crâne blanc. Une folie de ce genre, passionnée, compulsive, déterminée qui fait en sorte que son vieux patron est probablement le plus savant de tous les royaumes.

Mais si elle est laissé à elle-même... La même passion et détermination peut s'avérer froide et assassine, destructrice.

Est-ce que le plus vieux des enfants est comme son père? Lui mentir ne serait pas le servir et lui dire la vérité ne déclencherait qu'une colère incontrôlable! Détourner le sujet vers autre chose! Vers une autre chose qu'il a dite et qui réorientera la discussion.


Si tu n'est pas un homme, qu'est-ce que tu est?

--Adelphe_Remiremont a écrit:

Il tourne et retourne le pot entre ses mains, il réfléchit. L'autre a choisi de ne pas répondre à sa question, encore. Pour lui c'est suffisant comme réponse, il est donc comme son père, un pauvre fou. Ce qui devrait lui faire peur le réjouirait presque. Enfin il sait quelque chose sur lui-même, désolante conclusion mais qu'importe.

Ce que je suis ?

Air inspiré et prophétique il récite :

" Si vous vous demandez : Qui suis-je ? d’où viens-je ? où vais-je ? Alors vous pouvez vous répondre à vous même : Je suis moi, je viens de chez moi, et j’y retourne. "1

Tu vois, contrairement à ce que dit Christos, moi je ne suis rien, je ne sais pas d'où je viens et je ne sais où je vais. Je ne suis donc rien.


Sourire énigmatique.

Pour être un homme, il faut connaître ses racines, savoir qui sont nos parents, pouvoir se forger. Ma mère est morte, mon père ne veut rien savoir de moi, comment puis je me forger ?


Puis rire amusé.

Bien essayé, mais j'aimerais que tu répondes à ma question maintenant. Je suis comme lui ?



1:Logion 19

Tacitus_dc a écrit:"Bénis soient ceux qui œuvrent pour la paix, car ils seront appelés Fils de Dieu."1

C'est presque du tac au tac qu'il a répondu. Le jeune homme ne doit pas avoir tout lu pour ne pas comprendre. Mais ça, même son patron ne l'a compris que tardivement, s'il le comprend vraiment aujourd'hui. Il lui sourit car il est belle et bien le fils de quelqu'un! S'il tient à renier son père, il ne pourra pas renier le Très-Haut!

Ce qu'il y a d'intéressant, selon Tacitus, c'est que le jeune homme est vraiment intelligent. Plus qu'il ne l'aurait imaginé et probablement plus qu'il ne l'est lui-même. Mais ce n'est pas le moment de faire l'apologie de l'intelligence. Répondre à la question franchement sera, finalement, inévitable. Mais puisque le jeune homme s'appuie sur les saintes écritures pour exprimer sa douleur et sa peine, il en fera autant.

Le temps de réflexion n'est pas bien long par contre. Il a déjà trouvé ce qu'il allait dire. Ce qui lui permet, bien involontairement, de réaliser qu'un tison vient de s’envoler dans la pièce. La grille de protection n'est plus à sa place, ce qui est potentiellement dangereux pour les livres! S'il fallait que le feu prenne dans un des livres... Il imagine presque le château rougeoyer, les pierres, gorgés d'humidités, devenir incandescentes et exploser , les vitraux fondre et couler comme un petit filet de lave. Ce serait pire que l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie...

Il se lève donc et va replacer la grille de protection et vérifier ce qui l'a fait se déplacer pour régler le problème. Il en profite pour répondre à Adelphe!


Pas tout à fait... mais Aristote dit: "L'intellect est quelque chose de divin par comparaison avec l'homme, la vie selon la raison est également divine comparée à la vie humaine irréfléchie. Il ne faut donc pas écouter ceux qui conseillent à l'homme, parce qu'il est homme, de borner sa pensée aux choses humaines, et mortel, aux choses mortelles, mais l'homme doit, dans la mesure du possible s'immortaliser par la quête solaire, et tout faire pour vivre selon la partie la plus noble qui est en lui."2

Il fini de replacer la grille et va reprendre place en souriant au jeune homme! Il a ouvert la bouche pendant plus de 15 secondes! Mais ce n'est pas sa faute si les textes sacrés sont parfois long. Il espère seulement ne pas avoir a ressortir tout ça. S'il a tout lu plusieurs fois ce qu'il y a dans la bibliothèque de son patron, il n'a pas la même capacité à tout retenir. Il ne retient que ce qui l'intéresse de proche...

1: Miroir d'Oane, II: Les Béatitudes
2: Les nouveaux logion d'Aristote: Logion 2
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Re: Le silence est d'Or

Message  Adelphe Remiremont le Ven 7 Déc - 4:21

--Adelphe_Remiremont a écrit:


Nouveau rire !

Tu espères m'assommer plus que ton vin avec ta philosophie ? Je ne suis pas encore complétement saoul et toi, tu oublies la moitié du récit.

Il cite :


"Bénis soient de Dieu les pauvres en esprit,
car le Paradis solaire est à eux.
Bénis soient les caractères pacifiques,
car ils recevront la Vie Éternelle en héritage.
Bénis soient ceux qui sont dans la peine,
car ils seront consolés.
Bénis soient les affamés et ceux qui ont soif de justice,
car ils seront nourris et on leur rendra justice.
Bénis soient les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Bénis soient les cœurs innocents,
car ils contempleront Dieu dans toute sa splendeur.
Bénis soient ceux qui œuvrent pour la paix,
car ils seront appelés Fils de Dieu.
Bénis les persécutés parce qu'ils cherchent la Vérité,
car le Paradis solaire est à eux.
Bénis êtes-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on vous calomnie de toutes manières à cause de Dieu.
Soyez tous dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux."
1

Et le regarde, les yeux luisants.

Tu entends ? "Les pauvres en esprit", à t'entendre je n'en fais pas partie. Les pacifiques, les miséricordieux, les innocents, les insultés...non plus ! Et ceux sont bien eux les enfants de Dieu, ceux qui seront sauvés.

Le pot est lancé vers la cheminée, il ricoche contre la grille que l'autre vient de remettre et ça le fait sourire.

Écoute plutôt ce passage. Il va répondre à la question que je te pose puisque tu refuses de le faire toi même.

"Ainsi, de Dieu lui-même naquit une sorte de rejet maléfique, la Créature Sans Nom que l'on ne peut nommer précisément parce qu'elle s'appellerait pareillement Dieu.
Dieu est le créateur du bien; il l'est aussi du mal."
2

Si je suis enfant de Dieu, alors je le suis de son côté sombre, comme mon père.

Sourire insolent pour celui qui a tort sur toute la ligne.


Pourquoi tu refusais de me le dire ? Tu crois que je vais me mettre à pleurer comme un enfant en l'apprenant ?




1 : Les Béatitudes
2 : Le miroir d'Oane, Fragment Oanien


Tacitus_dc a écrit:Tacitus ne l'imagine pas pleurer. Il n'a pas appris ce qu'est ce genre d'émotion. Lui-même ne saurait dire dans quelle circonstance il pourrait pleurer. Peut-être à la mort de son patron? Mais il n'y a rien de moins sur. Après s'être assuré du regard que la grille était toujours à sa place, il se concentra sur Adelphe.

Le jeune homme, même sous l'emprise de l'alcool, garde un esprit lucide et parfaitement précis. La deuxième citation est si bien choisie, qu'il n'a d'autre choix que d'apprécier le caractère sulfureux de son jeune interlocuteur. Il a sa de différent, par contre et comparativement à son père, qu'il est conscient du potentiel dangereux de ce qu'il est. Il ce doit de répondre, de l'avertir. Le visage soudain grave, Tacitus regarde Adelphe et fronce les sourcils. Il est l'image de son père!


Tu a le potentiel du Savoir Universel, mais prend garde, ce Savoir pourrait te détruire!

Il le regarde à nouveau. L'étudie et l'examine de haut en bas. Ce devait être à ça qu'il ressemblait son patron quand il était jeune. Diablement beau, cruellement intelligent. Le Malin prend le visage d'un jeune homme pour s'introduire dans le Monde des Mortels. Ce Savoir pourrait le détruire, oui!

Le Savoir Universel! La connaissance absolue des choses est si grande, si parfaite, que cela pourrait détruire même le plus brillant des hommes. D'ouvrir son esprit à tant de chose, à toutes les choses, exige un si grand contrôle, une si parfaite maîtrise de soi, qu'aucun homme ne peut y parvenir sans souffrir ou mourir. Skip souffre énormément, tant et si bien qu'il n'arrive plus à se souvenir ce qu'il a fait la semaine précédente. Comment lui en vouloir? Il sait tant de chose! Tacitus ne peut s'empêcher de penser que c'est l'une des raisons qui a poussé l'esprit de son patron à se diviser. Compartimenter la connaissance permet d'en avoir plus et plus encore.

Il prend du temps avant de répondre à nouveau.


Tu a la possibilité d'apprendre à gérer! Ne renie pas ton père! C'est le seul à pouvoir t'aider!

--Adelphe_Remiremont a écrit:


Sourire encore et toujours !

Enfin tu avoues. Tu en as mis du temps.

Et il en laisse passer, du temps, entre ses réponses. Il le regarde, le détaille, l'analyse, le jauge comme on fait pour un adversaire dont on se demande ce qu'il cache.

Je sais très bien que je peux apprendre ce que je veux et quand je le veux. J'ai toujours été comme ça.


Il bascule sa tête pour voir les livres derrière lui.


Tu sais que si j'ai accès ici, je pourrais connaître le contenu des tous ces livres en quelques mois mais pas seulement ça, j'en garderai aussi le souvenir.

Il le regarde encore, exalté cette fois ! Il aime le savoir, la connaissance et en parler le transcende ! Oui, tout ce Savoir, là, à portée de mains ! Ses yeux en brillent d'excitation presque morbide.


Tu dis que ce potentiel pourrait me détruire ? Et alors ? Le but est d'atteindre le niveau ultime de l'érudition. Tu imagines, tout savoir sur tout ! Ne plus rien ignorer de la vie, de la mort, de la science ! Être l'égal de Dieu lui-même !

Et il rit !

Je veux bien mourir pour ça, ça me parait un bon marché avec l'Omniscient. Qu'en penses tu ?

Regard qui se noircit, encore une fois. Et la haine revient.

Je n'ai pas besoin de lui. Je m'en suis passé jusque là, ça continuera.

Tacitus_dc a écrit:L'arrogance du jeune homme est désarmante! Tacitus ce dit que s'il laissait aller Adelphe vers ce qu'il voulait aller, en moins d'un an on retrouverait son corps inerte sur une route ou dans un champ. Il n'est pas simple d'expliquer ce que représente se genre de puissance. Il n'est pas simple, non plus, de faire comprendre que pour tendre vers l'Omniscience, il faut aussi se montrer humble et sage. Ce que le garçon devant lui n'est très certainement pas!

Une chose le frappe par contre! Skip avait appris à camoufler son savoir. Ne pas le montrer pour ne pas déstabiliser les gens. Adelphe, lui, n'avait rien appris de ça! Au contraire, il s'en ventait comme d'un exploit. Il s'estime meilleurs que tous! Il serait temps de le remettre à sa place! Le faire revenir sur le plancher des vache un peu et lui faire comprendre qu'il n'est qu'un homme et le restera jusqu'à son dernier souffle.

D'un bond, donc, il se retrouve penché sur Adelphe, une main sur la gorge de celui-ci, l'autre main lui tordant le bras avec force. Tout mouvement est exclu. Malgré se mouvement, Tacitus ne semble pas affecté plus que ça. Son visage est toujours le même, exprimant un sourire ni moqueur, ni amusé, mais plutôt le genre de sourire émanant d'une personne parfaitement calme et détendu. Il commence alors à augmenter doucement la pression sur la gorge, suffisamment pour réduire la circulation sanguine, mais pas assez pour tuer. Juste étourdir un peu et augmenter de façon drastique les effets de l'alcool!


Écoute bien! Jamais tu ne m'entendra encore parler autant, mais il est nécessaire que tu entende ceci. Ce que je suis en train de te faire te donnera l'impression de flotter. Tu va t'approcher de l'inconscience. Si j'appuie un peu plus fort, ce qui te sert de cervelle finira par cesser de fonctionner. Un peu plus fort encore et c'est la mort en moins de temps qu'il ne faudrait pour penser même que tu a mal. Déjà tu doit commencer à ressentir une légère pression.

Tu a beau avoir le cerveau le plus performant du monde, il n'est pas à l'abris des défaillances! Si tu n'apprend pas dès maintenant à contrôler ta colère et ton arrogance, tu te retrouvera seul. La seule personne qui peut t'enseigner à contrôler ta colère, c'est ton père! C'est le seul à Savoir. Ce Savoir n'est pas écrit, ni enseigné ailleurs. Sans ce Savoir, tu n'arrivera même pas à approcher du quart de la moitié de la connaissance que ton père possède.


Il le relâche alors complètement et lui tourne le dos. Ce discourt a été prononcé d'une voix douce, calme, posé... effrayante! Le visage toujours souriant, Tacitus va ajouter une bûche dans l'âtre en attendant que Adelphe reprenne un peu ses esprits! Le manque de sang, véhicule le la Vie, n'aura laissé aucune séquelle hormis peut-être un petit malaise et le tournis. Après des années à voir Skip torturer et à le faire lui-même pour capturer les brigands, il sait très bien comment ne pas trop appuyer, tout comme user de la bonne dose de pression et de relâchement pour irriguer ce mollusque spongieux dans la boîte crânienne.

Quelque seconde on passé et il se tourne a nouveau vers Adelphe.


Réfléchis bien! C'est maintenant ton unique chance...

--Adelphe_Remiremont a écrit:


Comme pour la première rencontre entre la main de son père et son visage, il n'a rien vu venir. Il est sûr de son intelligence mais là il commence à se dire qu'il y a des failles. Il voit l'autre sans réellement le voir, il ne sent pas la pression sur son bras mais ressent bien les effets du manque d'air sur son cerveau.

Il était déjà en semi conscience avec ce qu'il avait bu, ça ne va rien arranger à l'affaire. Mais après tout, qu'importe ! Qu'il le tue, maintenant, là, sur le champ ! Oui, qu'on en finisse et vite ! Entre conscience et inconscience il revoit sa vie jusqu'à cet instant.

Rien à regretter, une vie sans valeur, dénuée d’intérêt, sans saveur. La seule chose qui le maintenait dans le monde c'était la soif de savoir. Mais il vient de comprendre dans ce début de délire que la connaissance ne sert à rien si elle n'est pas destinée à être partagée. Mais lui, avec qui pourrait il partager ? Il n'aime personne et personne ne l'aime. Étonnant non ?
Il va partir, il va sombrer mais sans prévenir il le lâche.

Il est rejeté contre le fauteuil, et tousse sans discontinuer. La main sur la gorge, le regard dans le flou, il comprend enfin que l'homme de son père a raison.
Il n'y a pas de faille chez lui, il n'est pas différent du moine qu'il a toujours été. C'est son entourage qui a changé ! Mais oui, quel idiot ! Il n'a jamais été en contact avec des gens si proches de son intelligence, si aptes à saisir ce qu'il est, bien plus avancé dans leur quête qu'il ne l'est. La quête sans eux, il n'aboutira jamais.

Le sang afflue normalement maintenant, et il est lui même à nouveau. Mais un lui même changé, puisqu'il a compris que ce cheminement ne peux pas être solitaire sous peine d'échec. Alors que choisir ? Continuer seul, mourir jeune et en ayant échoué ou accepter ce qu'on lui propose et peut être réussir à toucher du doigt le but ultime qu'il s'est fixé ?
Dilemme pour lui qui n'a jamais pris le temps de réfléchir sur ce sujet. Dilemme encore plus, puisqu'il va devoir ramper devant son père pour ça.

Il serre les dents et enfin le regarde.


Je crois que je n'ai pas réellement le choix. Tu attends quoi de moi ? Que je me jette aux pieds de mon père en demandant pardon ?


Cette fois, pour la première fois de sa vie, il contrôle sa hargne. Il a retenu la leçon qu'on vient de lui donner. Plier et accéder à son but, ou rechigner et mourir seul en n'ayant rien saisi.

Tacitus_dc a écrit:Une lueur de compréhension brille un instant dans les yeux du jeune homme. Satisfait, Tacitus lui tourne a nouveau le dos en entendant les mots prononcé. Il n'a pas tout comprit, visiblement, mais un bout de chemin vient d'être parcourue. Ce n'est pas tous les jours qu'on expérimente un état proche de la mort et ce n'est que dans ces moments là que nous apercevons, du coin de l'œil, un bout de la Vérité. Il n'aura pas été jusqu'à ce seuil avec Adelphe, n'ayant pas sous la main ce qu'il faut pour réanimer le pauvre jeune homme, mais il aura été suffisamment proche du moment fatidique pour lui laisser sentir le parfum de cette Vérité.

Il prend quand même du temps avant de lui répondre. Il faut le laisser macérer la question qu'il vient de poser. Il en profite donc pour s'attarder sur les débris de verre sur le sol et l'odeur tenace qui se dégage maintenant du plancher depuis le fracassement de la fiole de parfum. Répondre maintenant à la question, ou faire comme pour un parfum? Laisser macérer quelques jours dans un bassin de suif blanc. La méthode pour le parfum est quand même plus compliqué, à peine maîtrisé, si ce n'est pratiquement pas. Il faut une si grande quantité de matériel pour obtenir un distillat satisfaisant, que le procédé est hors de prix. Pas totalement inaccessible, simplement très difficile à obtenir.

Tout aussi difficile que les réponses que le fils du patron demande. Ce qu'il veux? Rien! Rien pour lui en tout état de cause. Rien qui ne lui apportera quoi que ce soit, sinon la satisfaction de voir ce petit poupon devenu homme pardonner et comprendre son père. Rien qui puisse lui être utile personnellement.

Il choisie pourtant de répondre. Il se tourne donc à nouveau vers Adelphe et lui sourit, un vrai sourire cette fois. Un sourire emplis d'espoir pour l'avenir du jeune homme.


Ne pli pas devant lui. Reste fier et droit. Ne lui demande jamais pardon, mais demande lui, simplement, de t'expliquer. Ne le juge pas, ne le critique pas.

Il s'approche de lui et pose une main sur l'épaule du garçon. Il lui sourit toujours et lui offre une perle de Vérité, tel que lui-même la perçoit.

Ton père connait le remord. Il s'en veux déjà suffisamment, tu n'a pas a lui en vouloir toi aussi. Il a fait ce qu'il croyait le mieux pour toi!

--Adelphe_Remiremont a écrit:

Oui, c'est ce qu'il a dit lui aussi, qu'il regrettait.

Il rit.


Ça ne l'a pas empêché de me frapper. Tu crois que c'est une façon de me montrer son remord ?


Nulle animosité dans cette question pour une fois, juste une envie de comprendre. Il se lève et s'agenouille devant le foyer, là, il regarde le jeu des flammes qui virevoltent en belles arabesques. Enfin, depuis son arrivée, il va se confier. Pas totalement mais au moins en partie. Après tout, cet homme est le premier à faire cas de lui.


Quand je l'ai rencontré, j'ai vu son autre lui-même. Il n'est arrivé qu'après. Il m'a expliqué qu'il m'avait envoyé eu monastère pour ma sécurité, parce qu'il se croyait capable de me faire du mal.

Il prend le tisonnier et va jouer avec le feu. Moment d'hésitation, puis reprise.

Je n'ai pas voulu le croire. Tout était tellement impensable ! Et puis, il y avait cette femme.

Silence, encore, il n'a jamais autant parlé surtout sur lui même.


Ça m'a mis en colère. J'ai compris que je n'étais rien et qu'il n'avait pas besoin de moi, puisqu'il avait déjà tout ce qu'il aurait pu vouloir. Une femme, des enfants légitimes ceux là, une famille...

Il tourne la tête vers lui et demande, étrangement vulnérable.

Tu crois que je pourrais en faire partie de cette famille ? Les enfants m'accepteraient. Olivier l'a déjà fait. Mais, elle ? Tu crois qu'elle demanderait mon départ à mon père ?

Le tisonnier est en suspension comme en attente, comme on attend le verdict d'une sentence.

Tacitus_dc a écrit:Donà Ariana est une femme merveilleuse, tu verra avec le temps!

Courte phrase, mais qui en dit long! Il adore lui-même cette jeune femme. Elle est la bonté même, un ange descendu pour les sauver tous! Mais comme il n'est pas du genre à faire des louanges à tout vent, il garder généralement ses commentaire pour lui. D'autant que ce serait déplacé de faire de tel commentaire.

Il va reprendre place et regarde un instant le feu dans l'âtre. Il sait pourquoi Skip à frappé son fils, il sait aussi pourquoi ce fils a dit ce genre de chose. Il aurait put-être fait la même chose, tant d'un côté, que de l'autre. Mais il n'a pas et n'aura jamais la chance d'en faire autant! La seule famille qui lui reste c'est son patron et sa famille. Skip est l'homme qui lui a sauvé la vie, l'homme qui lui a appris a se défendre, l'homme qui lui a appris a être celui qu'il est aujourd'hui! Il lui doit tout et il aimerait tant que Adelphe, le petit poupon qu'il a porté jusqu'à l'abbé, voit aussi en Skip une source de bonheur et d'espoir.

Il repense à ce moment où il était au bord du gouffre, où il pensait, lui aussi, n'être rien et il se souvient de la colère de Skip. Un orage n'a pas la fureur que Skip possède. Les pires tempêtes sont de douces averses printanières en comparaison! Et c'est ce genre de colère qui lui a permis de trouver une importance à sa vie! Adelphe a la chance d'être la chaire de cet homme, c'est probablement ce qui lui a valu qu'une gifle! Probable que n'importe quel autre homme n'aurait jamais pus espérer sortir vivant de la pièce dans un cas similaire. Même ainsi diminué, son patron est encore redoutable. La force qu'il a perdu dans son bras droit a été transférer dans son bras gauche! L'appuis qu'il avait dans la jambe droite a été transféré dans sa jambe gauche!

Il regarde Adelphe et lui sourit.


Si tu n'avait pas été important, tu n'aurait pus vider l'une de mes meilleurs bouteille de vin!

Tacitus_dc a écrit:[Demeure Narbonnaise, 31 octobre 1460]

Il avait décidé de passer la semaine à Narbonne. À Counozouls, tout allait à merveille. Le village était prêt pour l'hiver. Les premières neiges ont même tombé hier selon le guetteur. Un léger couvert blanc habillait maintenant le sommet de la montagne et descendait jusqu'au village. Dommage que son jeune patron ne soit pas là, il aurait aimer jouer dans la neige. D'ailleurs, c'est en pensant à ça qu'il avait décidé d'écrire. Il aurait dû le faire un peu plus tôt, question d'annoncer que le château était paré, mais il avait oublié en se rappelant que la demeure, elle, n'était pas tout à fait prête.

Il y avait la serre, le jardin, les fourneaux, les alambics, le moulin, l'écurie, les chemins menant à la ville. Ce n'est pas parce que le Patron n'est pas là, que le tout doit être laissé à l'abandon. Il avait donc passé la semaine à tout superviser avec Adelphe. Une semaine a finaliser les préparatif que Skip avait déjà en parti terminé, n'étant empêché que par son handicape.

Il fallait aussi superviser les récoltes des herbes d'automne pour les préparations de cette hiver. Ce qui le décourageait un peu. Ce serait le premier hiver où il fait tout, tout seul, sans la présence, même dans la pièce à côté, de son patron. La seule chose qui le consolait était que Adelphe accepterait surement de l'aider, s'il accepte de déposer un instant ses bouquins.

Il était là dans ses réflexions quand il remarqua la tache sur son parchemin, le forçant à recommencer du début son courrier. Il s'élança donc et repris son écriture, assis à son bureau, sa bouteille de vin chaud à côté de lui.


Fait à Narbonne le 31 octobre 1460

À Skip Lo Casalièr, Seigneur de Counozouls

Rapport d'intendance


Patron, Bonjour!

J'espère que ton voyage se passe bien. Passe mes salutations à Donà Ariana et aux enfants, Olivièr me manque.

La neige est tomber sur Counozouls, mais tout a été finalisé à temps, aucune inquiétude à avoir.
Il y a, pour le village en entier, quelques 300 stères de bois pour le chauffage, 200 pour la cuisson et une réserve de sûreté de 150 stères pouvant servir tant à la cuisson qu'au chauffage.
Voici la liste des matériaux et produit qui servirons cet hiver:
120 sac de farines
60 boisseaux de fruits séchés
30 pieds de saucissons
10 charrettes destiné à la vente
50 tonneaux de jus divers destiné à la vente
400 stères de bois destiné à la vente

Le tout, comme tu l'a demandé, à été fait selon les bons de commande passé au début de l'automne.

Pour Narbonne, il reste encore un peu à faire, mais d'ici 10 jours, tout sera terminé aussi.

Je dois dire que je suis fier de ton fils. Adelphe est un homme vaillant qui n'a pas peur de l'ouvrage. Il sera surement un bon Intendant. Je n'aurais pas peur de le recommander déjà. Il a encore à apprendre, mais s'il est comme toi, je ne doute pas un instant.

Sache qu'ici il fait encore beau et chaud.

Prend soin de toi,
T.

Tacitus regarde le parchemin et sourit! Voilà une bonne chose de faite. Que de bonne nouvelle. Il regarde sa bouteille et voit la lumière décliner dehors, c'est l'heure qu'il avait donné à Adelphe pour le rejoindre. Cette fois, il ne le laissera pas tout boire seul.

Il se lève et va chercher sa cire pour sceller son courrier en attendant que celui-ci sèche comme il faut.

--Adelphe_Remiremont a écrit:

Les jambes allongées vers le feu, installé sur un fauteuil, il lit. C'est passionnant et il a hâte de connaitre la conclusion de ce brave Platon. Il tourne une page, savoure les premières lignes jusqu'à ce qu'il se souvienne qu'il doit voir Tacitus.

Me... !

Il se lève d'un bond, le livre en main, et file vers le bureau. L'ouvrage sous le bras, il pense qu'énormément de choses ont évolué depuis le départ de son père. Il a appris ce qu'est la gestion d'un domaine, tout ce qui doit être fait avant l'hiver pour le bien être de tout à chacun, mais surtout les relations humaines.
Étonnant que ce soit un homme comme l'autre qui lui ait appris ça, pourtant il lui doit tout, ou presque. Il se dépêche il ne veut pas le décevoir. Il ouvre la porte du bureau et entre.


Excuse moi, j'étais avec Platon.

Il sourit, sachant que Tacitus va trouver ça idiot certainement. Il va poser le livre sur le bureau et malgré lui, ses yeux tombent sur un courrier. Il ne veut pas le lire mais c'est plus fort que lui. Il a vu son nom mentionné dessus. Il a terminé, il regarde son compère.


Tu le penses vraiment, tout ça ?

Lui même n'y croit pas, les vieilles habitudes sont parfois tenaces.
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Adelphe Remiremont
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