Des interrogations d'un enfant

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Des interrogations d'un enfant

Message  Olivièr Del Casalièr le Mer 14 Sep - 6:59

Ce matin, je suis au jardin, comme tous les matins ou presque. On me dit que ça fait du bien de ne pas rester enfermer. Moi, je veux bien, de toute façon je ne sais pas marcher, je ne risque pas de m’échapper ! Je me laisse donc mener. On m’installe à l’abris du vent et du soleil, et j’en profite pour regarder autour de moi.

Lorsque je suis arrivé ici avec Tiberge il y a longtemps déjà ,on m’a dit que ma maman ne pouvait pas venir avec moi. On ne m’a pas dit pourquoi.
Tiberge m’a dit que je suis né ici, que je suis chez mon papa dans son château…moi, je veux bien même si je ne sais pas ce que c’est qu’un château. Une grande maison d’après ce que j’ai pu en voir, bien plus grande que la demeure comme dit maman, et ici, il n’y a pas cet endroit que j’aime tant, où il y a les odeurs, mais il y a toujours des arbres, je me sens moins perdu.

Lorsque je suis arrivé, j’avais peur, je ne dormais plus, je criais la nuit et je pleurais souvent. Maman me manquait. Cela va mieux maintenant que je commence à connaître les lieux et les autres gens, ceux de papa me dit Tiberge. Elle est gentille avec moi, Tiberge, mais je ne comprends pas toujours ce qu’elle veut m’expliquer, c’est difficile. Elle me parle de papa, beaucoup, mais j’ai parfois l’impression qu’il n’existe pas, pourquoi il n’est pas là ? Pourquoi je ne le connais pas ? Je commence à être grand, et je ne sais toujours pas qui c’est. Je crois parfois que c’est pour ça que maman n’est pas là, que c’est ce qui la rend triste, que papa ne soit pas avec elle. Je me suis même demandé si elle n’était pas fâchée après moi. Pense-t-elle que c’est par ma faute que papa n’est pas près d’elle ? J’ai beau être petit, je vois et je comprends des choses que les grands ne soupçonnent pas. J’ai bien vu que maman est triste, de plus en plus triste. Avant, elle riait avec moi, la dernière fois que je l’ai vue, elle ne riait plus. Je sais qu’elle pleurait souvent, je l’ai vu à ses yeux toujours rouges et qui se remplissaient de larmes rien qu’à me regarder. Et si il était parti par ce qu’il ne voulait pas de moi ? Je suis triste moi aussi, parce que personne ne m’explique ces choses. Alors je reste sage et calme, espérant que Tiberge ou Ancelin écriront à maman pour lui dire que maintenant que je ne suis plus méchant elle peut revenir et le dire à papa pour qu’il revienne, lui aussi. J’ai vu d’autres enfants au château, ils ont leurs parents, eux, et même si on ne s’occupe pas autant d’eux que de moi, ils ont la chance de connaitre leur papa et leur maman puisqu’ils sont près d’eux.
Oh, c’est l’heure de me donner à manger, j’entends ma nourrice qui arrive, elle va m’emmener dans la salle à la grande cheminée. Je n’ai pas faim, mais on ne me laisse pas le choix. Moi, ce que je voudrais, c’est ma maman. Mais elle n’est pas là, à sa place, Tiberge prend soin de moi. Elle se penche d’ailleurs sur mon berceau pour me confier à la nourrice. Je sens qu’on me soulève, qu’on m’embrasse, mais rien n’y fait. Je suis triste et j’ai envie de pleurer.
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Re: Des interrogations d'un enfant

Message  Ariana Anthea le Jeu 15 Sep - 9:27

Elle avait passé une vêture d’homme, pas parce qu’elle aimait particulièrement cela, mais parce qu’elle voulait pouvoir voyager à cheval, c’est-à-dire vite !

Un mois qu’elle avait envoyé son fils sur ses terres, ou plutôt celles de son époux, mais c’était tout comme. Elle aimait cet endroit plus qu’aucun autre. Elle s’y sentait chez elle, bien plus qu’à Castillon pour tout dire même si elle aimait ses gens et qu’elle prenait grand soin de ne point les délaisser. Mais Counozouls, c’était tant de souvenirs heureux, tant de joie partagée…et Olivièr était né là bas, il lui avait donc paru tout naturel qu’il y séjourne, naturel jusqu’à ce qu’elle se rende compte de son idiotie. Elle avait voulu éloigner son fils de peur du lui faire du mal à force de tristesse trop longtemps contenue, mais au bout du compte, elle se disait que cela ne faisait qu’ajouter à sa souffrance. Elle avait, enfin, réalisé quel cadeau merveilleux lui avait fait son époux. Un enfant…un enfant qui aurait pu l’aider à surmonter ses peines, à surmonter l’interminable attente, et au lieu de cela, elle l’avait éloigné. Sotte qu’elle était !
Elle avait pris sa décision en quelques heures et était partie presque sur un coup de tête pour Counozouls, l’homme de confiance de son époux pour compagnon de route, et l’épée au côté.

Elle arriva trois jours plus tard au matin, autant dire qu’ils n’avaient pas perdu de temps, dormant peu, ne s’arrêtant que pour le nécessaire. Lorsqu’elle franchit les portes du château, elle sauta de cheval plus qu’elle n’en descendit, remarquant au passage que l’homme de garde en fut offusqué et se précipita à l’intérieur du logis espérant y trouver son fils. Las, on l’informa qu’il n’y était pas, on lui indiqua le jardin, lieu probable de la présence de l’enfançon puisqu’il y passait de longues heures.

Elle hâta le pas, son épée battant à son côté, résistant pour ne pas se mettre à courir et finalement le vit, dans les bras de sa nourrice, Tiberge derrière eux.

Oubliant toute bienséance, elle se mit à courir vers la femme et l’enfant en criant :


Meu solelhet !

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Re: Des interrogations d'un enfant

Message  Olivièr Del Casalièr le Ven 16 Sep - 9:30

J’ai posé ma tête contre ma nourrice, résigné. Je me recroqueville sur moi-même, serrant mes petits poings, et fermant les yeux. Je n’ai pas envie de voir celle qui me porte, j’aime imaginer que c’est maman qui me berce, qui me serre contre elle et me cajole. Elle a commencé à marcher, je me sens secoué comme quand on m’a amené ici dans ce que les grands nomment une litière. Je sens le vent sur mon visage, le soleil aussi, je sens l’herbe et les fleurs de cet endroit qu’on dit montagne. Les dames parlent entre elles, mais je ne veux pas écouter, d’ailleurs je ne comprends pas ce qu’elles veulent dire alors à quoi bon. Je me réfugie dans mon rêve, espérant m’endormir avant d’arriver au château même si je n’y crois pas vraiment.
J’entends cette fois quelqu’un qui vient en courant. Décidément je n’arriverai pas à rêver tranquille, je devrai manger la bouillie de la cuisinière. Elle est gentille et je l’aime bien, mais la bouillie…Pouah ! C’est pas bon !

Tiens, et si je m’étais endormi ? J’ai cru entendre une voix que je connais, la voix de maman. Je dors donc puisqu’elle n’est pas là ! Je sens que cette fois on veut me donner à quelqu’un, mais moi je ne veux pas ! Je suis bien là, pourquoi même en rêve je ne peux pas faire ce que je veux ?

Je me débats, commence à pleurnicher, je veux retourner près de maman, de cette voix que j’ai entendu. Peut être qu’elle me parlera encore ?

Non, le cauchemar continue, je sens que quelqu’un me prend, et me sers contre lui. Je pleure cette fois, et gigote espérant retrouver le calme que j’ai touché du doigt. Mais, mais ? Celui ou celle qui me tient me parle ? Et cette odeur !

Je me calme aussi vite que je me suis énervé, et j’ose ouvrir les yeux. Non ! Je les referme, puis les ouvre à nouveau, c’est elle, c’est bien maman ! Je n’entends pas ce qu’elle me dit ou plutôt je ne comprends pas. Elle pleure et cela me secoue, je crois que pour ça, c’est qu’elle doit pleurer beaucoup.

Je la regarde, essayant de comprendre. Je n’ai rien fait, alors pourquoi elle pleure autant ? Alors je me recroqueville à nouveau, espérant que comme ça, elle arrêtera. J’ai pas envie qu’elle parte déjà, je me tais donc et suis sage, attendant de savoir si elle est fâchée ou pas.

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Re: Des interrogations d'un enfant

Message  Ariana Anthea le Lun 19 Sep - 5:19

Elle arrive à la hauteur de la nourrice qui en souriant lui confie l’enfant. Mais celui-ci se met à pleurer, il s’agite comme s’il ne souhaitait pas quitter les bras connus. Elle serre l’enfant contre elle, pleurant et regardant Tiberge en murmurant faiblement « il ne me reconnait pas », alors, elle se met à lui parler doucement, laissant couler ses larmes sur ses joues, elle parle bas, mais la bouche près de l’oreille de l’enfant, le berçant avec tendresse, espérant qu’il se calme surtout.

Ses yeux ne voient pas que l’enfançon la regarde, qu’il a dû la reconnaitre puisque comme par miracle il a cessé de bouger. Les pleurs se transforment en sanglots et elle tombe à genoux. Elle espérait que l’enfant serait heureux de la voir, la reconnaitrait tout du moins, lui sourirait peut être, las, il semble ne rester plus rien de leur complicité. Elle sent qu’il ne bouge plus, qu’il se renferme sur lui-même comme on le ferait avec un étranger. Aurait elle perdu cela aussi ? L’amour de son propre enfant ?
Elle l’enlace, l’embrasse et lui murmure à l’oreille…


Je te demande pardon, mon soleil, je n’aurais jamais dû te laisser partir. Je t’aime tellement, pardonne moi….

Tout à sa détresse, elle ne voit ni n’entend Tiberge et la nourrice s’éloigner et laisser seuls la mère et l’enfant.

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